Sundar Pichai lance un avertissement fort quant à l’avenir du travail dans un contexte de perturbation des emplois dans le domaine de l’IA. Le PDG d’Alphabet (la société mère de Google) affirme que l’intelligence artificielle est sur le point de causer d’énormes problèmes dans la société sur lesquels les gens n’auront qu’à « résoudre ». Il pense que l’IA est « la technologie la plus approfondie sur laquelle l’humanité ait jamais travaillé ». Pichai affirme également que son potentiel d’aide s’accompagne de grands changements sur le marché du travail. Ce message d’un dirigeant technologique de premier plan présente l’essor de l’IA comme une force inévitable qui touchera toutes les professions. Pichai a également récemment évoqué la potentielle « bulle de l’IA » qui fait sensation.

Sundar Pichai, PDG de Google : Nous « devrons surmonter » les perturbations de l’IA

L’évaluation de Pichai entre dans une catégorie souvent appelée « fatalisme de l’IA », où l’influence de la technologie est présentée comme une vague imparable. Il suggère que la transition évoluera et remodèlera certains emplois. À son tour, le processus exigera que les gens s’adaptent au nouveau paysage. Notamment, Pichai spécule que son propre poste de PDG est « l’une des choses les plus faciles » à prendre en charge par l’IA. Il a souligné qu’aucun emploi n’est véritablement à l’abri des changements à venir.

Le point de vue des entreprises face à la réalité économique

D’éminents leaders technologiques sont convaincus qu’une révolution basée sur l’IA va se produire. Mais les analyses économiques reflètent une vision plus complexe. Le marché réagit définitivement à ce battage médiatique, comme le montrent les énormes investissements dans les centres de données et la hausse des cours boursiers. Cependant, il semble que les gains d’efficacité actuels et mesurés de l’IA dans le monde réel se produisent lentement.

De nombreux économistes affirment que les effets les plus importants de l’IA sur l’emploi de masse ne se produiront pas avant des années, voire jamais. Pour l’instant, l’effet se manifeste plus souvent dans la « gigification » des tâches que dans l’automatisation complète des rôles. La « gigification » fait référence au fractionnement des tâches, comme la traduction ou la création de logiciels, en parties plus petites qui peuvent être effectuées par d’autres personnes. Les entreprises bénéficient de cette pratique car elle les amène à embaucher davantage de pigistes au lieu d’employés à temps plein.

Cette petite différence est essentielle car les partisans de l’IA l’ignorent souvent dans leurs arguments. Pichai est le PDG de l’une des plus grandes sociétés d’IA au monde. Il a donc tout intérêt à donner l’impression que la technologie continuera de s’améliorer.

Pendant ce temps, de nombreux travailleurs sont confrontés à un marché du travail stagnant, déjà caractérisé par une faible croissance des salaires et une moindre influence sur les employeurs. Les experts suggèrent que l’anxiété économique générale et les facteurs géopolitiques sont les principaux contributeurs à cette « économie à faibles embauches ». Cette situation pourrait compliquer les efforts visant à mesurer le rôle exact de l’IA dans les défis de création d’emplois. L’impact ultime de l’IA sur le travail reste une histoire en cours, et ses conséquences sont loin d’être réglées.

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