À l’heure actuelle, l’industrie technologique se trouve dans un énorme paradoxe. L’IA accélère l’innovation à un rythme sans précédent, mais elle provoque également un ralentissement majeur des appareils que nous utilisons quotidiennement. Qualcomm, l’un des plus grands noms du traitement mobile – société mère des puissantes puces Snapdragon – a récemment présenté sa vision de la crise mondiale croissante de la RAM qui change la façon dont les smartphones et les ordinateurs portables sont fabriqués en raison du manque de mémoire.

Qualcomm affirme que les centres de données IA consomment même la RAM des smartphones

Le problème n’est pas un manque de demande pour les gadgets. En fait, les gens veulent plus que jamais de nouveaux téléphones. Le problème réside dans un changement massif dans la destination des ressources. La mémoire à large bande passante, celle nécessaire pour alimenter d’énormes centres de données d’IA, engloutit actuellement l’offre habituellement destinée à l’électronique grand public. Cela a placé des entreprises comme Qualcomm dans une position difficile. Ils ont les processeurs prêts, mais leurs partenaires ne trouvent pas assez de RAM pour les coupler.

Les marques se concentrent sur les appareils haut de gamme pour survivre à la pénurie de RAM

Le PDG de Qualcomm, Cristiano Amon, a récemment souligné que cette pénurie remodèle fondamentalement le marché. Au lieu de construire autant d’appareils que possible, les fabricants ajustent désormais leurs calendriers de production en fonction strictement de la quantité de mémoire dont ils disposent réellement. Il s’agit d’un jeu de Tetris numérique dans lequel l’offre de DRAM – la mémoire standard de nos téléphones – est nettement inférieure à ce qu’elle était il y a à peine un an.

Pour résoudre ce problème, de nombreux clients de Qualcomm se concentrent désormais sur les appareils haut de gamme et haut de gamme. Ces téléphones haut de gamme sont mieux à même de gérer les coûts croissants des pièces de mémoire. Après tout, ils offrent des marges bénéficiaires par unité plus élevées. Cette approche permet aux fabricants de faire face plus facilement à la situation et de rester rentables. Cependant, cela signifie également que les appareils de milieu de gamme et bas de gamme pourraient coûter plus cher à mesure que la crise se poursuit.

La compétition pour le silicium

La « crise de mémoire » est un effet domino déclenché par l’expansion rapide des infrastructures d’IA. Alors que les entreprises construisent des centres de données plus puissants, les fabricants de mémoire comme Samsung et Micron donnent la priorité à ces commandes à marge élevée. Le scénario laisse le secteur mobile en compétition pour les restes. Même des géants comme Apple ont récemment signalé qu’ils avaient du mal à obtenir suffisamment de puces pour répondre à la forte demande pour leurs derniers produits.

Du point de vue de Qualcomm, il ne s’agit pas d’un obstacle permanent, mais d’un obstacle majeur. Même si l’entreprise a dépassé ses attentes en matière de chiffre d’affaires au cours du dernier trimestre, atteignant plus de 10 milliards de dollars, ses perspectives restent prudentes en raison de ce déséquilibre de l’offre. Ils ne s’attendent pas à ce que leurs propres puces IA pour centres de données aient un impact significatif sur leurs ventes avant 2027. Cela signifie que l’accent reste pour l’instant sur la gestion de la pénurie actuelle.

Tant que la soif de centres de données IA restera insatiable, l’industrie des smartphones devra rester flexible. Ce scénario aura sûrement un impact sur tous les gadgets technologiques de 2026. Pour les utilisateurs, cela pourrait signifier une année où les modèles « Pro » ou « Ultra » domineront les étagères, tout simplement parce qu’ils sont les seuls que les fabricants peuvent se permettre de construire.

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