Google teste un changement controversé dans la façon dont il présente le contenu d’actualité dans son populaire flux Discover. Le flux, qui fournit des informations et des mises à jour personnalisées sur des millions de téléphones Android, mène actuellement une expérience d’interface utilisateur qui remplace les titres originaux de Google Discover conçus par les éditeurs par de courts résumés générés par l’IA.
Google a confirmé le test en cours à The Verge. L’entreprise affirme que l’intention est innocente : faire «les détails du sujet sont plus faciles à digérer avant d’explorer des liens sur le Web.» Cependant, les résultats de cette réécriture de l’intelligence artificielle sont souvent trompeurs, factuellement incorrects ou absurdes. Cela déclenche une sonnette d’alarme immédiate dans l’ensemble du secteur de l’édition.
Titres réécrits de Google Discover AI : le risque de titres d’actualité trompeurs
Les journalistes passent beaucoup de temps à rédiger un titre qui résume avec précision une histoire tout en invitant au clic. Mais maintenant, l’IA de Google intervient et réduit ce travail à une poignée de mots mal choisis. Par exemple, un article rapportant avec précision que le prochain Steam Machine de Valve n’aurait probablement pas un prix comparable à celui d’une console traditionnelle a été résumé par l’IA de Google comme « Prix de la Steam Machine révélé ». Bien entendu, cette affirmation était clairement fausse.
Il y a eu un autre cas d’article expliquant comment les joueurs du jeu Baldur’s Gate 3 ont trouvé une faille liée aux personnages enfants du jeu. L’IA de Google l’a impitoyablement condensé en une phrase troublante et trompeuse : «Les joueurs de BG3 exploitent les enfants.»
Ce comportement crée un conflit majeur. Les médias s’efforcent de suivre les propres directives de qualité de Google. L’algorithme de l’entreprise pénalise souvent les sites qui utilisent des titres trompeurs ou sensationnels. Lorsque l’IA de Google associe des pièges à clics activement trompeurs au travail d’une publication (dont le nom apparaît juste à côté du faux titre), cela nuit à la réputation éditoriale du média.
De plus, le fait que Google cache souvent la divulgation selon laquelle le titre a été « Généré avec l’IA » derrière un clic supplémentaire ne fait qu’aggraver le problème.
Une tendance plus large
Cette dernière expérience s’inscrit dans une tendance croissante. Google donne clairement la priorité à ses propres résumés et interfaces d’IA plutôt qu’à générer du trafic vers le Web ouvert. Des fonctionnalités telles que AI Overview in Search répondent déjà à des requêtes complexes directement sur la page de résultats de recherche. Cela élimine souvent le besoin pour un utilisateur de cliquer sur la source d’origine. Actuellement, la société teste également la fusion du mode AI et des aperçus AI dans la recherche.
Pour les éditeurs, qui dépendent du trafic pour financer leurs opérations, ce test de réécriture de titres basé sur l’IA semble être une nouvelle étape vers la diminution de leur contrôle éditorial et de leur agence marketing. Un titre est le principal outil d’un éditeur pour attirer les lecteurs. Ainsi, le remplacer par un résumé automatisé et erroné équivaut à modifier le travail d’un artiste.
Pour l’instant, Google insiste sur le fait qu’il ne s’agit que d’une petite expérience d’interface utilisateur. La question reste de savoir si la réaction du public et de l’industrie sera suffisante pour convaincre Google que maximiser les clics grâce à des titres erronés sur l’IA n’en vaut pas le coût. Des éléments tels que la crédibilité journalistique et l’écosystème Web au sens large devraient rester les plus importants.
